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Une seule santé (One Health)


Comprendre un changement de paradigme essentiel pour la santé humaine, animale et environnementale


Replacer la santé humaine au cœur du vivant

Les crises sanitaires, environnementales et sociales contemporaines – pandémies, maladies chroniques, effondrement de la biodiversité, pollutions multiples, changement climatique – révèlent une réalité désormais étayée par la science : la santé humaine ne peut plus être pensée de manière isolée. Elle dépend étroitement de la santé des animaux, des plantes, des micro‑organismes et des écosystèmes dans lesquels nous évoluons.

Le concept Une seule santé (One Health) propose précisément ce changement de regard. Il ne s’agit pas d’un simple élargissement du champ de la santé publique, mais d’un véritable changement de paradigme scientifique, éthique et sociétal. Cette approche systémique rejoint pleinement la vision portée par Sanavie : une santé intégrative, préventive, ancrée dans le réel et respectueuse du vivant dans toutes ses dimensions.


Historique et définition du concept Une seule santé


Aux origines : une intuition ancienne, une reconnaissance récente

L’idée selon laquelle la santé humaine est indissociable de son environnement n’est pas nouvelle. Dès 1946, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) définissait la santé comme un « état de complet bien‑être physique, mental et social ». Cette définition, bien que novatrice pour l’époque, restait néanmoins centrée sur l’humain.

Dans les décennies suivantes, plusieurs alertes scientifiques sont venues élargir cette vision. Dès 1968, la conférence de l’UNESCO sur la biosphère soulignait que l’être humain fait partie intégrante des écosystèmes et que sa santé dépend des équilibres biologiques et écologiques. Pourtant, pendant longtemps, les politiques de santé sont restées largement anthropocentrées, traitant l’environnement comme un facteur externe ou secondaire.

Ce sont les crises sanitaires répétées – zoonoses émergentes, antibiorésistance, maladies chroniques liées aux pollutions – qui ont progressivement rendu visible l’impasse de cette approche fragmentée. La pandémie de Covid‑19 a agi comme un révélateur mondial de ces interdépendances.


L’émergence du concept One Health au XXIᵉ siècle

C’est au début du XXIᵉ siècle que le concept One Health s’impose progressivement sur la scène internationale. Il est porté par plusieurs grandes institutions : l’OMS, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

En 2021, ces institutions proposent une définition commune, structurante :

Une seule santé est une approche intégrée et unificatrice visant à optimiser durablement la santé des personnes, des animaux, des plantes et des écosystèmes, en reconnaissant leurs interdépendances étroites.

Cette définition marque un tournant majeur : elle reconnaît explicitement que la santé ne concerne pas uniquement l’humain, mais l’ensemble du vivant, et qu’elle doit être pensée dans une logique de coopération entre disciplines, secteurs et territoires.


Une approche reconnue mais encore en construction

Si le concept Une seule santé est aujourd’hui largement reconnu dans les sphères scientifiques et institutionnelles, sa mise en œuvre reste encore inégale. Elle nécessite de dépasser les approches en silos (médecine humaine, vétérinaire, écologie, urbanisme, agriculture…) pour adopter une véritable gouvernance transversale de la santé.

C’est précisément dans cet espace de transition que s’inscrit l’engagement de Sanavie : rendre ce concept intelligible, applicable et incarné dans les pratiques quotidiennes, individuelles comme collectives.


L’approche Une seule santé : une vision systémique et intégrative


Une santé pensée comme un système complexe

L’approche “Une seule santé” repose sur une compréhension systémique du vivant. Les êtres humains, les animaux, les plantes et les micro‑organismes interagissent au sein de socio‑écosystèmes dynamiques, dans lesquels toute modification d’un élément entraîne des effets en cascade.

La dégradation des habitats naturels, l’intensification agricole, la pollution des sols, de l’air et de l’eau, ou encore l’artificialisation des milieux perturbent ces équilibres. Ces perturbations se traduisent par une augmentation des maladies infectieuses, inflammatoires, métaboliques, hormonales et neuro‑développementales.

Ainsi, soigner sans agir sur les causes environnementales revient souvent à traiter les symptômes sans restaurer la santé du système dans son ensemble.


Une approche fondée sur la pluridisciplinarité

Une seule santé mobilise un large éventail de disciplines :

  • médecine humaine et vétérinaire,

  • écologie et biologie,

  • sciences de l’environnement,

  • sciences humaines et sociales,

  • nutrition, agronomie, urbanisme (modes de vie)

Cette transversalité est indispensable pour comprendre la complexité des déterminants de santé et pour concevoir des actions de prévention efficaces, durables et équitables.


Prévention et anticipation : le cœur de l’approche

Contrairement aux modèles curatifs dominants, “Une seule santé” place la prévention au centre de l’action. Il s’agit d’agir en amont :

  • réduire les expositions toxiques,

  • préserver la biodiversité,

  • soutenir des systèmes alimentaires durables,

  • favoriser des environnements de vie sains,

  • renforcer la résilience des individus et des écosystèmes.

Cette prévention globale est à la fois plus efficace, plus éthique et plus économiquement soutenable.



Les fondamentaux de l’approche Une seule santé


Tous importants, tous interdépendants

Le principe fondamental d’“Une seule santé” repose sur une idée simple mais profondément transformatrice : aucun être vivant n’est secondaire. Chaque espèce, chaque écosystème joue un rôle dans l’équilibre global.

Cette vision implique un rééquilibrage de notre regard. Certaines formes de vie sont traditionnellement valorisées, d’autres ignorées ou perçues uniquement comme nuisibles. Or, la science montre que la simplification des écosystèmes accroît les risques sanitaires, notamment par la perte des mécanismes naturels de régulation.


L’exposome : un concept clé

L’exposome désigne l’ensemble des expositions – chimiques, biologiques, physiques, psychosociales – auxquelles un organisme est soumis tout au long de sa vie. Il complète l’approche génétique en montrant que l’environnement façonne profondément la santé - notion d'épigénétique

Dans une perspective “Une seule santé”, cette notion s’étend à l’ensemble du vivant : sols, plantes, animaux et humains partagent des expositions communes, souvent cumulatives.


Les socio‑écosystèmes

Les socio‑écosystèmes désignent des systèmes dans lesquels les composantes sociales et écologiques sont étroitement liées. Les activités humaines influencent les écosystèmes, qui en retour conditionnent la santé, l’alimentation, l’économie et le bien‑être.

Comprendre ces interactions est essentiel pour construire des politiques de santé cohérentes et durables.


Éthique, précaution et responsabilité collective

Une seule santé repose sur une posture éthique forte : reconnaître notre responsabilité dans la préservation des conditions de vie favorables à la santé de tous, y compris des générations futures.

Le principe de précaution, inscrit dans le droit environnemental, devient ici un outil central. Il invite à agir même en situation d’incertitude scientifique lorsque les risques pour le vivant sont graves ou irréversibles.


Une seule santé : un cadre de sens pour les actions de Sanavie

L’approche “Une seule santé” résonne profondément avec la démarche portée par Sanavie :

  • une vision intégrative et fonctionnelle de la santé,

  • une attention particulière aux déterminants environnementaux,

  • une pédagogie accessible et rigoureuse,

  • une prévention active ancrée dans les modes de vie.

À travers la formation, la sensibilisation, l’accompagnement individuel et les interventions en entreprise et en collectivité, Sanavie œuvre à rendre ce concept vivant, opérationnel et porteur de transformation.


Vers une santé du vivant

Adopter l’approche “Une seule santé”, ce n’est pas ajouter une couche de complexité à la santé : c’est retrouver du sens, de la cohérence et de la justesse. C’est reconnaître que la santé humaine dépend de la qualité de nos relations avec le vivant et avec nos milieux de vie.

Face aux enjeux actuels, “Une seule santé” n’est plus une option théorique.

C’est une nécessité scientifique, éthique et sociétale. Une invitation à repenser nos pratiques, nos choix et nos responsabilités, individuellement et collectivement.

Chez Sanavie, cette vision n’est pas un concept abstrait : elle constitue le socle de chaque action, au service d’une santé plus juste, plus durable et profondément humaine.




Nathalie Casanova

Présidente fondatrice

Institut Sanavie / Association Sanavie


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